
Le bassin toulousain fait depuis plusieurs mois la une des journaux…mais pas pour sa ville rose, ni pour les charmes de sa population…mais du fait de la “crise” dans laquelle est plongé Airbus!
Il est intéressant dans un premier temps de repartir dans le passé afin de mieux comprendre comment et pourquoi en est on arrivé là . Ensuite il faudra regarder les propositions faites pour résoudre les problèmes et leurs impacts sur l’environnement d’Airbus. Puis la transmission de ces idées aux acteurs de l’entreprise et tout ce qui en découle.
 Analyses/commentaires sur les retards de l’A380 et les décisions prises:
L’airbus A380 est un des programme phare d’Airbus pour la période 2000-2010. Ce projet a nécessité des milliards d’euros d’investissements et de développement. Au vu de la complexité du projet, il apparaît normal que la mise sur le marché de cet avion ait pu prendre du retard.
Mais 3 fois en à peine un an, (4 mai 2005, 13 juin 2006 et 21 septembre 2006), c’est beaucoup! On ne peut alors que constater des problèmes de communication et de gestion des problèmes (plan d’actions, suivi, controle…)…à moins qu’il y ait autre chose sous l’iceberg…
Mais le retard annoncé en juin justifie t’il une baisse des cours de 25% les jours suivants?
La débâcle d’Airbus dans son programme A380 faisait peur aux investisseurs pour la simple et bonne raison que les retards allaient compromettre le futur du programme (cad, les ventes, la rentabilité, et autres aspects financiers) ?
Il n’a cependant pas fallu attendre longtemps pour s’en rendre compte: des compagnies clientes telles que FedEx n’ont pas tardé à revoir leurs commandes à la baisse voire à les annuler. Le seuil de rentabilité du programme ayant augmenté (les retards techniques engendrent des couts d’ingénierie, des coûts de logistiques, d’assurance, financiers…), la viabilité du programme étant chahutée, la simple possibilité de chute du nombre de livraisons garanties ne pouvait que faire baisser les cours!
Mais en fait, ce retard dans les livraisons montrait plus qu’un problème technique: un doute commençait à planner sur la capacité de Airbus à gérer un problème de taille (management et bicéphalisation de la hierarchie) et surtout à gérer la crise (opacité interne et communication avec l’exterieur).
Surtout que dans la foulée, l’entreprise européenne s’était lancé dans un autre challenge industriel: Airbus venait de s’engager dans une nouvelle bataille face à son homologue américain avec l’avion long courrier A350.
Deux projets d’envergure, et un prenant du retard, beaucoup de retard!!! Les problèmes financiers se posent alors: comment financer ce 2e programme dans lequel l’engagement a commencé, alors que l’argent qu’on espérait recevoir grace aux livraisons du A380 va tarder plus que prévu à rentrer dans les caisses!Mais il est clair que cette crise peut être relativisée: les programmes A310, A320, A330 et A340 génèrent aujourd’hui la quasi-totalité des livraisons attendues d’Airbus, et les capacités de production ont été relevées!
Ce qu’on peut apprendre de cette première partie est que: un investisseur qui doute, c’est un investisseur qui a peur et qui, par conséquent, retire ses billes!